MJCF UEC Avant-Garde Facebook Twitter Youtube

JC86 - Fédération de la Vienne

JC86 - Fédération de la Vienne

Tribune : Pour des territoires vivants et solidaires, vite des bus gratuits !

 
 

le 17 septembre 2015

 
 

Dernièrement, la question des transports au sein de notre agglomération a fait l’objet d’une actualité brûlante. Bien plus qu’un simple ‘’bad buzz’’ né de l’indignation de quelques âmes peinant à s’habituer à la nouvelle organisation de nos lignes et de nos carrefours, comme on voudrait nous le faire croire, ce malaise souligne l’inefficacité  du plan d’optimisation du réseau mis en place par Grand Poitiers et Vitalis, plan qui, une fois encore, laisse de côté un grand nombre d’usagers.

 

Cet échec est le signe de l’urgence d’une concertation démocratique et citoyenne sur le sujet. 

En effet, cette concertation n’a pas eu lieu, ou alors seulement sous la forme d’une mascarade destinée à préparer certains de nos conseils de quartiers et de nos communes à une rentrée douloureuse, au cours de laquelle ils ont pu découvrir la suppression d’arrêts de bus essentiels : on ne peut ainsi qu' appuyer les revendications des habitants de Migné-Auxances par exemple, où une marche de protestation contre la réduction des dessertes et la disparition de certains arrêts était organisée mercredi après-midi, des habitants de Poitiers-Ouest qui connaissent les mêmes difficultés, ou encore de Saint Benoît qui subissent les dysfonctionnements du service de bus à la demande. Bien sûr, face à la protestation populaire, des réajustements sont effectués : il est cependant désolant d’en arriver là, et d’avoir attendu de perturber le quotidien de centaines d’usagers pour prendre en compte leurs demandes, quand celles-ci auraient pu être considérées en amont. De plus, il apparaît que toutes n’obtiendront pas satisfaction et que de nombreux problèmes persisteront.

 

Que devient, dès lors, cette exigence de qualité derrière laquelle se réfugie Grand Poitiers lorsque l’on aborde la question de la gratuité des transports en commun ?

En effet, à ceux qui revendiquent la gratuité pour des raisons sociales et écologiques, on répond régulièrement que sa mise en place coûteuse entraînerait dès lors une dégradation de notre réseau, au niveau de l’amplitude horaire par exemple, du respect du matériel, etc. Cette réponse est erronée, car elle repose sur un calcul marchand qui ne prend en compte ni la création de nouvelles lignes pour accompagner l’augmentation de la fréquentation qui suivrait irrémédiablement la disparition du ticket payant, ni la création d’emplois engendrée ou encore le regain d’affluence que connaîtraient la plupart de nos commerces. Elle met également en lumière un préjugé inquiétant selon lequel les gens ne respecteraient que ce qui est payant.

Parler de ‘’coût’’ de la gratuité des transports collectifs dénote aussi une conception bancale de la notion de ‘’service public’’, faisant passer la rentabilité avant la garantie d’un droit fondamental, ici celui de se déplacer. Reposant sur le dogme de la ‘’consommation  marchande’’, cette logique est dangereuse : si on la suit jusqu’au bout, tous les droits fondamentaux pourraient être sacrifiés sur l’autel de la rentabilité, et qu’adviendrait-il, par exemple, de la gratuité de l’Ecole, garantissant le droit à  l’Education pour tous ?

 

Comment s’étonner, alors, de l’incapacité de notre réseau de transports à répondre à un besoin commun quand celui-ci n’est pas pensé pour ?

Et que reste-t-il de l’esprit du droit aux transports pour tous énoncé par la loi d’orientation des transports intérieurs votée par la gauche en 1982 ? Si l’on considère les tarifs pénalisants pratiqués au sein de notre agglomération, pas grand-chose, force est de le constater. En effet, aujourd’hui à Grand Poitiers, alors qu’on nous répond que 6500 usagers sur un potentiel de 139 000 habitants bénéficient de la CMUC (Couverture Médicale Universelle Complémentaire), ce qui leur permet de prendre le bus à moindre coût, on ne compte plus les gens découragés tant par le prix du ticket que par sa durée de validité. Le comité de quartier de Poitiers Ouest, dans un communiqué récent l’explique très bien et note, dans ces conditions, une augmentation de 100% du tarif, de même qu’il remarque la nécessité d’équiper les parcobus du matériel adéquat (consignes à vélos sécurisées…), afin que ceux-ci ne restent pas des coquilles vides. De même, pour prendre un exemple qui devrait toucher notre municipalité soucieuse du bien-être des jeunes au point qu’elle organise un mois d’accueil baptisé #YOLO Poitiers, nombreux sont les étudiants qui peinent à financer leur abonnement annuel, et doivent se priver durant de longues semaines pour pouvoir verser les 200 euros nécessaires à l’obtention du Pass’Jeunes, lorsqu’ils n’abandonnent pas  simplement toute idée de prendre le bus. Et que dire, également, de leur étonnement quand ils comparent les tarifs pratiqués dans leurs villes d’origines à ceux pratiqués ici, et considèrent les nombreuses failles du réseau ?

 

Il est grand temps donc d’ouvrir le débat public sur la question des transports à Grand Poitiers. Mais surtout, il est urgent de commencer à considérer la liberté de se déplacer comme un droit fondamental répondant à un besoin social grandissant afin que celle-ci ne devienne pas une option réservée à un petit nombre de privilégiés.

C’est bien de volonté politique et d’écoute dont il s’agit aujourd’hui de faire preuve si l’on veut mettre en place un réseau efficace qui permette aux gens de se rendre au travail, de répondre aux besoins du quotidien ou de profiter de leur temps libre. Et c’est bien la gratuité qu’il faut instaurer si l’on veut véritablement faire vivre un service public qui ne laisserait personne de côté, et remplirait un rôle d'éducation populaire en favorisant l’usage du bus à l’heure où l’urgence climatique se fait de plus en plus pressante, et où l’engorgement de nos carrefours rend la circulation difficile. Dès lors, comme plus d’une douzaine de villes avant nous, grandies aujourd'hui par le succès de leur expérience, faisons ce pari d’investir dans la gratuité plutôt que dans le colmatage d’un réseau défaillant, et faisons de nos communes des territoires solidaires et attractifs : il est temps de prendre en compte les nombreuses voix qui s’élèvent en ce sens depuis des années, et nous, Jeunes Communistes de la Vienne, porteront ces revendications aux côtés de ceux qui les partagent jusqu’à ce qu'elles soient non seulement écoutées, mais surtout entendues.

 

La gratuité des transports en commun pour tous, c’est urgent, c’est vital, et c’est possible : pour soutenir cette campagne, vous pouvez signer notre pétition désormais également disponible en ligne, ayant récolté déjà plus d'un millier de signatures en version papier: 

https://secure.avaaz.org/fr/petition/M_Claeys_Depute_et_Maire_de_Poitier...

Le 17 septembre 2015, à Poitiers.

La Fédération des Jeunes Communistes de la Vienne

 

Tribune : Pour des territoires vivants et solidaires, vite des bus gratuits !